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Mon parcours vers la Communication Non Violente : responsabilité, auto-empathie et vie de couple

Introduction

Je n'ai jamais été doué dans mes rapports avec les autres. Depuis mon enfance, je n'ai pas réussi à garder des amis sur le long terme et mes relations amoureuses étaient souvent conflictuelles. En cherchant à comprendre le problème, j'ai découvert la Communication Non Violente (CNV). Cette approche m'a aidé à mieux gérer mes émotions et à communiquer de manière plus authentique et bienveillante, notamment dans ma vie de couple.


I. Mes difficultés relationnelles

A. Un passé tumultueux

Enfant, je n’avais pratiquement pas d’amis, du moins pas ceux qu'on réussi à garder au fil du temps. J’ai toujours eu des relations liées à mon lieu de résidence ou l’école que je fréquentais. Un peu plus tard, je remarquais que mes « plus vieux amis » remontaient rarement à 2 ou 3 ans et que j’avais tendance à changer régulièrement de cercle. N’avais-je pas de chance sur mes rencontres amicale ?


En ce qui concerne les relations amoureuses, je ne pense pas que le bilan soit plus réjouissant. Il y a quelques années, j’étais en couple avec une personne que j’aimais beaucoup. Nous partagions beaucoup de choses, le sens de la vie, de l’aventure et un certain attrait pour la festivité. Sur le papier, c’était beau. Mais dans les faits, nous nous disputions souvent, des disputes qui se confondaient en claquements de porte et crises de larmes. Nous n’arrivions pas à nous rejoindre sur des choses essentielles, nous n’avions pas la capacité de communiquer efficacement sur les sujets « sensibles » qui venaient nous challenger sur nos blessures. Et un jour, une engueulade un peu plus forte qu’une autre éclata, teintée de vaisselle brisée et de hurlements. Je me vis commettre l’irréparable : ma main ouverte venait de s’écraser sur sa joue… je venais de lui donner une gifle.

B. La remise en question

Cet acte avec ma compagne de l'époque et la séparation qui en découla m'ont invité à me poser des questions sur ce que j'étais et ce que je voulais. « Suis-je un homme violent ? » ou « ai-je été poussé à bout ? », « chacun a ses limites », me disais-je. Ok, peut-être, peut-être pas, mais en tout cas, j'ai décidé que cela ne devait plus se reproduire, que je devais trouver des solutions pour avancer vers une meilleure communication.


Je pense qu'en y regardant de plus près, j'ai dû admettre que je ne gérais pas bien mes émotions. Dans n'importe quelle relation, après un certain temps, j'accumulais des déceptions et des déconvenues qui se transformaient en une forme de rancœur qui m'incitait à laisser le lien s'étioler ou carrément éclater.


J'avais tendance à penser que c'était les autres qui étaient en tort. Que c'étaient les autres qui n'étaient pas assez ceci ou trop cela, et que c'était la raison pour laquelle, au bout d'un moment, je me retrouvais (encore) seul.


II. La découverte de la CNV

Dans les mois qui suivirent cette rupture, j’ai commencé à pratiquer régulièrement le yoga, et cela m'a fait beaucoup de bien. Lors d'un cours, une de mes professeures a parlé d'un livre traitant de la communication non violente. Son discours m'a incité à me rendre à la librairie Kléber dès la fin du cours.

Ce livre, c'était « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » par Marshall Rosenberg. Il présente les bases de la CNV (communication non violente) ainsi que des exercices pour apprendre à l'utiliser.


La communication non violente est un terme qui peut prêter à confusion. La plupart des gens rétorquent en entendant ce terme « non, mais moi ça va, je ne suis pas pour la violence non plus ». Pourtant, bien que peu flatteur, ce terme me paraît assez juste.

Depuis l'enfance, nous baignons dans un milieu de compétition où nous sommes jugés, évalués et humiliés quand nous n'apportons pas le résultat attendu.


Je me rappelle bien cette scène à l'école primaire quand j'étais encore à Reims en CM2 où le prof de français me criait dessus en rendant ma copie, qu'il jugeait illisible, en s'exclamant que j'étais le pire cancre qu'il avait jamais vu.


Dans trop de situations, l'être humain recourt à une forme de communication violente, laissant au passage son lot de cicatrices qui prendront peut-être des années ou des décennies à guérir.


Pourquoi tant de gens sont violents dans leur façon de parler, et pourquoi je l'étais moi-même ? Eh bien, Marshall a commencé à m'apporter des éléments de réponse avec son livre.



J'étais fâché avec le système académique qui nous enseigne tellement de choses inutiles, juste pour évaluer notre capacité à ingurgiter de la connaissance, au lieu de nous apprendre des choses aussi importantes que la communication, la responsabilité de nos choix et la gestion émotionnelle.


B. Les principes de la CNV

La distinction entre déclencheurs et causes réelles

La communication non violente nous apprend à être à la fois empathique, authentique et bienveillant, mais c'est un long chemin, et moi, j'avais déjà à accepter un premier point : ce n'est pas la faute des autres !


J'ai longtemps pensé ainsi, en me disant que si cela n'allait pas, c'était à cause de quelque chose sur quoi je pouvais pointer le doigt, que « l'enfer, c'est les autres ». En fait, j'étais une victime, une victime des débordements émotionnels des autres, une victime de mes propres débordements. C'était juste le « je n'ai pas de chance », triste, n'est-ce pas ?

La Communication Non Violente (CNV) nous enseigne que si nous ressentons une forte réaction émotionnelle, c'est qu'un besoin en nous n'est pas satisfait. Elle nous aide à distinguer le déclencheur de la cause réelle de notre émotion.

Voici un exemple pour illustrer ce principe :

Imaginez que vous rentriez chez vous après une longue journée de travail, épuisé et affamé. Vous trouvez la cuisine en désordre, et votre partenaire est confortablement installé sur le canapé en train de regarder la télévision. Immédiatement, vous vous sentez en colère et frustré.


Dans cette situation, le déclencheur de votre colère est le désordre dans la cuisine et votre partenaire qui semble ne pas s'en soucier.


Cependant, la cause réelle de votre émotion pourrait être un besoin non satisfait, comme le besoin de soutien, de considération ou de repos.


La CNV nous encourage à exprimer nos émotions et besoins de manière non violente et constructive.

Au lieu de dire à votre partenaire : "Tu es si paresseux, tu ne fais jamais rien pour m'aider !", essayez plutôt : "Je me sens épuisé et débordé en voyant la cuisine en désordre. J'ai besoin de soutien et de repos après une longue journée. Pourrais-tu m'aider à ranger la cuisine, s'il te plaît ?"

En utilisant la CNV, vous communiquez de manière plus claire et empathique, en tenant compte des besoins de chacun. Cela permet d'éviter les conflits inutiles et de renforcer la compréhension mutuelle.


III. La pratique de la CNV dans ma vie

A. L'apprentissage avec ma compagne

L’implémentation de ces réflexes au quotidien n’est pas aisée, et je me suis toujours dit que j’aimerais bien entamer ce processus avec quelqu’un car bien que Marshall Rosenberg atteste que la CNV fonctionne si l’un seul des deux protagonistes la pratique, je pense que c’est plus simple quand les deux personnes qui échangent sont conscientes de leurs mots.


Cela fait maintenant un peu plus d'un an que Lydie et moi nous sommes engagés sur le chemin pour anticiper, réévaluer, voire transformer notre manière de nous adresser l'un à l'autre et au monde. Nous venons tout juste de terminer notre 4ème stage de formation sur le sujet. Et bien que la route soit encore longue, nous en voyons tous deux les bienfaits.


B. Les stages de formation

Nous venons de suivre un stage avec Emmanuelle Straub, ayant pour thème la communication authentique. Lors de celui-ci, nous avons travaillé sur comment être authentique et connecté à soi tout en prenant soin de la relation, en nous exprimant en termes de sentiments et besoins. Nous avons également abordé les obstacles à la communication authentique comme les habitudes, les conditionnements, les peurs, doutes et croyances.


Nous avons également mis l'accent sur la vulnérabilité pour se connecter à nos émotions et besoins profonds tout en générant un lien de qualité et de confiance avec l'autre. J'ai appris qu'être authentique ce n'est pas "tout dire" et que si je choisis de dire quelque chose, je dois m'assurer d'avoir la capacité d'accueillir le message en retour.




Moi qui ai souvent du mal à comprendre mes propres besoins, une partie de moi pense encore que je ne devrais pas ressentir d'émotions négatives... mais lors de ce stage, j'ai réalisé que nous sommes "parfaitement imparfaits". J'ai appris qu'il pouvait être utile de "laisser sortir les chacals", de m'isoler pour laisser sortir les mots tels qu'ils sont pour évacuer la charge émotionnelle sans impacter la relation. Et après cette libération de la charge émotionnelle, il était plus facile pour moi de comprendre mes besoins, et ainsi d'aborder une communication plus claire et authentique.

Conclusion

La CNV a été une révélation pour moi. Grâce à elle, j'ai appris à mieux gérer mes émotions, à exprimer mes besoins et à communiquer de manière plus authentique et bienveillante. Aujourd'hui, ma compagne et moi continuons d'évoluer sur ce chemin ensemble, et nous bâtissons des relations plus belles et épanouissantes.



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